Les théories de l'apprentissage
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Dans les sciences de l’éducation comme en psychologie, les théories de l’apprentissage ont grandement évolué depuis les travaux de Pavlov (Ménard et St-Pierre, 2014 : 8). Parmi ces théories, il existe trois grands modèles, soit le cognitivisme (connaissance), le constructivisme (expérience) et le connectivisme (réseau). Nombreuses connexions sont possibles entre ces théories, et notamment lorsqu’il est question de traiter l’aspect plus « social » du processus d’acquisition des connaissances. Ainsi, sans aborder tous les concepts développés dans chacune de ces théories, on peut relever certaines caractéristiques utiles pour les pratiques enseignantes actuelles et futures :
Le cognitivisme interroge la construction des connaissances chez les apprenant.es. Il met l’emphase sur la façon dont les connaissances antérieures peuvent être sollicitées en intervenant directement sur la structure cognitive (mémoire à long terme). Les processus d’élaboration et d’organisation des connaissances sont activés dans le traitement des informations.
Le constructivisme met l’accent sur le contexte et l’importance de l’expérience individuelle dans le processus d’apprentissage. Avec les travaux importants de Piaget, il développe une position selon laquelle « il n’existe pas de réalité objective ou de vérité absolue à découvrir » (Kelly, G. A, 1958 dans Pervin : 342). Les stratégies d’apprentissage sont plus centrées sur la place de l’expérience subjective de l’apprenant.e.
Le constructivisme met l’accent sur le contexte et l’importance de l’expérience individuelle dans le processus d’apprentissage. Avec les travaux importants de Piaget, il développe une position selon laquelle « il n’existe pas de réalité objective ou de vérité absolue à découvrir » (Kelly, G. A, 1958 dans Pervin : 342). Les stratégies d’apprentissage sont plus centrées sur la place de l’expérience subjective de l’apprenant.e.
Le connectivisme est grandement inspiré par le socioconstructivisme, mais insiste sur les effets des technologies sur l’apprentissage (Vygotsky, Siemens et Downes). Il permet de construire des réseaux de partage, de faire des liens inédits entre différentes sources d’information. Il choisit les meilleures stratégies de l’usage du numérique en considérant les expériences subjectives plus fluides des apprenant.es.
Bien évidemment, ces théories ont leurs avantages et leurs inconvénients, mais elles interrogent chacune les meilleures stratégies à adopter ou non en classe. Parce qu’elles ne sont pas détachées les unes des autres, elles invitent aussi à se débarrasser des vieux clivages entre « connaissance », « contexte » et « expérience ».
À titre d’exemple, le chercheur canadien Albert Bandura, qui privilégiait une approche plutôt sociocognitiviste (Pervin et John, 2006 : 388), insistait déjà sur les origines sociales du comportement, soit la motivation, l’émotion et l’action. À mon avis, les axes développés par Bandura sont transversaux à l’ensemble des théories de l’apprentissage. Ils ont l’avantage de démystifier les processus d’acquisitions des connaissances en considérant la variabilité des contextes que l'on propose aujourd'hui par l’utilisation du numérique comme créer un blog, une carte conceptuelle, utiliser les wikis ou les vidéoconférences.
Finalement, pour le dire avec les mots de Louise Ménard et Lise St-Pierre, je crois que toutes ces théories invitent surtout à réfléchir avec le numérique au « comment nous savons ce que nous savons » (op. cit. : 2).
Chaque personne est donc libre de les convoquer ou non,
mais elles restent à mon avis de bons points de repère pour la pratique !
Références :
Ertmer, P. A. et Newby, T. J. (2013). Behaviorism, Cognitivism, Constructivism: Comparing Critical Features From an Instructional Design Perspective. Performance Improvement Quarterly, 26(2), 43-71.
Ménard, L. et St-Pierre, L. (2014). Paradigmes et théories qui guident l’action. Dans Se former en pédagogie de l’enseignement supérieur (pp.17-34). Montréal : Collection PERFORMA AQPC.
Pervin, L. A. et P. John, O. (2006). Personnalité : théorie et recherche. Saint-Laurent, Canada : ERPI, 388-389.
Siemens, G. (2005). Connectivism : A Learning Theory For The Digital Age. International Journal of Instructional Technology and Distance Learning, 2(1), 3-10. www.itdl.org/journal/jan_05/article01.htm
Tardif. J. (1997). La construction des connaissances. 1 Les consensus. Pédagogie collégiale,11 (2), 11-19.

Excellent résumé des théories de l’apprentissage. Je suis d’accord qu’elles constituent de bons points de repère pour la pratique. Elles peuvent nous guider dans notre développement professionnel. En effet, en identifiant la théorie qui nous attire le plus, l’on peut mieux comprendre nos choix pédagogiques et identifier nos points à améliorer. Il est important de saisir quand et comment utiliser différentes stratégies pédagogiques (qui sont liées à une ou plusieurs théories de l’apprentissage) (Ertmer et Newby, 2013). Or, il ne faudrait pas tomber dans le piège de choisir une seule théorie et de suivre uniquement ses concepts. En effet, certaines théories ont plusieurs points en commun (Ertmer et Newby, 2013) et toutes peuvent être utiles selon le type d’activité que les étudiants ont à réaliser.
RépondreSupprimerCertes, comme mentionné dans ce billet de blogue, il est important de réfléchir au processus d’apprentissage en tenant compte du numérique. Or, le béhaviorisme, le cognitivisme et le constructivisme ont été développé dans un temps où la technologie n’était pas prédominante (Siemens, 2005). Il serait donc intéressant de réfléchir plus en profondeur sur les façons dont ces théories s’appliquent dans ce nouveau contexte.
Références
Ertmer, P. A. et Newby, T. J. (2013). Behaviorism, Cognitivism, Constructivism: Comparing Critical Features From an Instructional Design Perspective. Performance Improvement Quarterly, 26(2), 43-71.
Siemens, G. (2005). Connectivism : A Learning Theory For The Digital Age. International Journal of Instructional Technology and Distance Learning, 2(1), 3-10. www.itdl.org/journal/jan_05/article01.htm